jeudi 19 juin 2008

Alerte Orange


"L'orange n'est évidemment ni bleu (officiel), ni blanc (réac') ni rouge (révolutionnaire). C'est une couleur du compromis, du mélange, du juste milieu..."
P.Lentschener, un des dirigeants de Publicis


Dans nos années du "politiquement correct" et du "melting pot", la couleur orange aurait-elle enfin trouvée sa place ?


L'orange était autrefois une couleur un peu délaissée en France, jugée trop "allemande" comme le vert kaki. Seule la RATP avait osé lui dédier sa désormais tristement célèbre carte de transport, qui n'a, autant que je me souvienne, jamais eu grand chose d'orange.


Chez Hermès, par exemple, l'orange n'était pas la couleur d'origine de la marque (pardon, il paraît que chez eux, on dit la "maison" et non la marque, merde on est pas chez Jennyfer mais chez Hermès, de la classe, du goût... et les fesses bien sérrées aussi ;)


La légende veut que, pendant la guerre, le fournisseur manquait de la couleur marron initialement choisie, et a livré des boîtes de teinture orange. Il se trouve que les gens ont aimé et trouvaient que çà symbolisait la couleur du cuir. C'est donc devenu après la guerre la couleur officielle de la maison Hermès (çà y est, j'ai choppé le truc).




Dans les années 90, c'est devenu une couleur totalement has been. Fallait-il l'abandonner ? Repartir de zéro ? Perdre toute cette histoire ? Ou au contraire être au-delà des modes ?

Car mis à part celui cher à Hermès, l'orange n'est guère en odeur de sainteté chez celles qui font de la mode leur seconde nature. Ces dernières préfèrent bien mieux en boire les vitamines que d'enfiler une tenue fruitée, diablement voyante et ne tolérant que le sans-faute.


Pourtant, lors de la fashion week newyorkaise les tenues "orange juice" ont retenu tout l'attention de nos chères rédactrices de mode, toujours prêtes à nous faire siroter un nouveau nectar.

(Défilé Marc by Marc)
Alors, nous le regardons du coin de l'oeil, nous interrogeant sur sa viabilité urbaine, le mettant en perspective avec nos bons vieux basiques tout gris tout doux... C'est que nous focalisons sur sa forte présence visuelle, persuadées que la moindre erreur de style commise en orange fluo n'en sera que plus voyante, et donc passible de nous offrir une journée de honte intense à sillonner la capitale et les pôles de ton open space en arlequin mal fagoté.

La couleur vive fait peur: on la suppose perverse, grossissante, infantilisante et compliquée à vivre. Pourtant, associé à du gris et du noir (et même un bon vieux jean, délavé ce qu'il faut) notre orange juicy devient portable sans trop de risques. En choisissant des pièces sobres et élégantes, plongées dans un bain de teinture survitaminé, on touche du doigt la démarche à adopter pour vivre intelligemment cette tendance du moment.

Orange mécanique, c'est l'anti-déprime par excellence. Attention cependant à ne pas tomber dans le total look fluo. Et quand je parle de total look, c'est vraiment du total look :









(Coloration intime orange)


F.B

1 commentaire:

Le Cookie Masqué a dit…

Tout bien considéré, le orange ... c'est non pour moi. Mais maintenant que tu attires mon attention sur le sujet de son come back (ou de son come tout court), ça explique l'appel desespéré de ma mère hier "t'as pas une pochette orange à me prêter s'ttteeeplaaîîîît ?"