mardi 18 novembre 2008

Up and ... Down

"Novembre est un beau mois. Mais il faut aimer le gris. Et l'oeil en saisir la lumière".
Gilles Vigneault


J-37 avant Noël, -1500h de sommeil (çà s'accumule vite cette connerie c'est dingue), -3000€ au Crédit Agricole, -15 friends sur Facebook, -1 côté coeur et -1000000000 (après, je ne sais plus compter) niveau moral... Il y a des matin où l'on est plus que l'ombre de soi-même, voire celle de notre chien.

Déjà emmitouflée comme un ours polaire (grâce aux belle journées automnales à 4/5°), je semble souffrir de novembrisme aiguë.

Je tente tant bien que mal de résister à la sinistrose de l'hiver mais même Actimel, qui devait renforcer mes défenses naturelles, ne marche pas. Même mon régime SOS shopping&dancing ne fonctionne plus (je vais peut être passer à vodka/fondant au chocolat). Même ma solution luminothérapie, consistant à rester le plus souvent dehors au soleil, devient mission impossible depuis que (Ô Enfer et putréfaction) l'on se cogne la nuit noire à 17h.

Mon métabolisme ralentit, ma volonté se fait la malle, ma mémoire s'emplit de trous, mes articulations se raidissent, mon dos se calcifie et mon cou décide de se figer... Je tente de me créer un cocon artificiel, une sorte de bonbonnière personnelle (pour voir la vie en rose évidemment) où je me fais chauffer la Ricoré, je me mets en boule sur le canapé et je laisse le temps passer. Je me trimballe clopin-clopant mon plaid tout le jour durant. Je tends le bras vers mes cigarettes, je me demande si le cancer me guette et je vais checker çà sur Internet. Je mange des pâtes, encore des pâtes et je m'empatte. Je m'interroge sur le pourcentage de Valium vendu, je vis pieds nus et je ne lis plus. Je n'ai même plus faim, mon frigo suit le mouvement de grève aérien et je n'ai envie de rien.

Durant les 6 prochains mois, mon unique obsession sera l'idée d'une plage de sable fin (avec des cocotiers, des fruits exotiques frais à volonté et le beau mec qui te les met directement dans la bouche, des mojitos et des cosmos, et une piscine à débordement au cas où le sel vienne à trop gratter).


F.B

dimanche 16 novembre 2008

Leave me alone

"Impalpable poudre de perlimpinpin, les mots naissaient de la vapeur, cette vapeur qui ne vous suit pas au-delà du seuil de la salle de bains".
Elliot Perlman


Il y a des jours où l'on rêverait de transformer son appart en spa de luxe genre institut Guerlain ou bulle Kenzo. Surtout après trois week-ends successifs de teufs intensives et d'échecs sextimentaux (Ah ! Ces petites pauses "caniveau" de 6h du mat' avec SMS honteux et mal de crâne puissance 7 à la clé...).

Alors on sort la grosse artillerie: masque à l'argile (pour dire bye bye aux points noirs, enfin, dans l'idée), gommage gros sel aux huiles essentielles (Clarins, le meilleur, by the way), bain moussant Hello Kitty shoppé chez H&M il y a des mois par pur attrait packagingesque, huile d'argan/germe de blé/avocat/carotte/bourrache (la totale, on ne pourra pas nous reprocher de ne pas avoir essayé), body mist Coco-Passion from Victoria's Secret NY, kit french manucure (THE professional one, celui qu'on s'est fait refourgué par la vendeuse à environ 20€ le ml de liquide nacré) et l'arme fatale de ce type de beauty day, le gant de crin en fibre de bambou, tout neuf et toujours sous blister.


Ce rituel dure en moyenne 2h mais misez plutôt sur 5h. Oui, les incidents de parcours sont nombreux. Brûlure au 2d degré à la cire orientale (la descente du pot et l'ouverture/fermeture du micro-ondes simultanées peut s'avérer dangereuse, quasi-mortelle, et çà, ils ne le spécifient pas sur le paquet. L'extrême douleur qui en découle non plus) ou irritations cutanées diverses (trop de gant de crin, tue le gant de crin, mais une fois l'engin entre les mains on a tendance à s'exciter à la moindre parcelle de peau morte arrachée), notre peau sensible peut réagir bizarrement face à cet élan brutal d'affection. 

Le post beauty-time se résume en trois mots: mon petit pyjama. Ne jamais planifier une date après (trop belle, vous ne serez plus crédible ou trop "nettoyée" vous ressemblerez à Manaudou, toute chlorée après 8h d'entraînement), pas de soirées non plus (pour les mêmes raisons). 
So: just you, your beau-ti-ful jogging (à prononcer yogging pour l'effet chill out) and, au choix, your Capital (ou toute autre émission du dimanche soir, mais ne tombez pas dans le vice "Pascal, le grand frère" çà c'est too loose) / your Elle (ou tout autre magazine chouchou) / your portable pour tchater incognito  (rayer la ou les mentions inutiles ou ne toucher à rien, si vous faites parties des néo-geekettes d'aujourd'hui et que vous êtes totally multi-médias).

A répéter autant de fois nécessaire. Surtout en période hivernale ambiance "leave me alone".

F.B

samedi 15 novembre 2008

Fashion Police #1

"Ce qui est bon pour les animaux ne l'est pas pour l'homme, et encore moins pour la femme".
Paul VI

Suite à un trajet en métro (on ne peut plus banal) sur ma très chère ligne 2 toute bleue, je souhaite émettre un coup de gueule (wé et un gros) contre la multiplication à outrance des imprimés animaliers, car oui, la tendance léopard semble reprendre du poil de la bête (et moi aussi).

Habituellement plutôt suiveuse en matière de mode, j'aurais pu une nouvelle fois faire une entorse à mon ancien régime "quasi tout noir/quasi tout gris" et à mon découvert tout rouge pour mouler moi aussi mes fesses dans un jean slim red leopardo. A défaut de me plaire, j'aurais pu admirer l'audace de ces parisiennes et préférer les porter par procuration. Mais là, rien n'y fait. 

Merde, qui peut porter de l'imprimé panthère-girafe-leopard-félins en tout genre ? Il n'y a que Sharon Stone pour se la jouer femme sauvage, genre je porte des peaux de bêtes de l'ère de Néandertal quasi en l'état et j'assume parfaitement mes bas "animal print fever". Mais n'est pas Sharon Stone qui veut, loin de là. 

Merde, on en vient à se demander si les moutons couleur orange et aubergine ne peupleraient pas certaines contrées du globe. 

Merde, en dehors des pièces de créateurs (Ah, le pantalon Balmain, la robe Lanvin, le blouson Heimstone...) on tombe direct dans le cheap. OUT (oui c'est ambiance coup de gueule là donc je mets des majuscules) les fâcheuses imitations chez H&M ou chez Newlook.

Et puis merde au "all over" (total look le Livre de la Jungle, poules non initié(e)s). Le trip Peau d'âne des années 2000, pas pour moi.

Et pourtant je vous jure, je ne suis pas du genre à ne pas blairer les félins (au contraire, suis plutôt B.B à mes heures perdues). Mais je les aime vivants, pas stickés vulgairement sur un jean, attachés autour du cou like Mamy ou imprimés sur mon veston. Morale de l'histoire: ne sortez pas trop les griffes, apprivoisez d'abord votre proie.

F.B

jeudi 13 novembre 2008

Shopaholic

"J'essaie d'initier mon épouse au shopping tantra pour qu'elle puisse faire les magasins pendant cinq heures sans rien acheter".
Sting

Problème du jour (enfin plutôt de l'année et depuis 23 ans maintenant): j'achète (trop) et j'aime çà.

Je suis du genre à mettre un réveil à 5h du mat' pour ne pas rater une vente privée online et être la 1ère à dégainer la CB, à enregistrer le numéro de la boutique Princesse TamTam de mon quartier dans mon mobile (histoire de rester en contact), à jeter un par un les relevés bancaires délicieusement envoyés par HSBC, à connaître mon numéro de carte bleue par coeur (et je peux même le faire les yeux fermés sur le clavier numérique, wéwéwé avec les 3 chiffres de derrière et tout et tout), bref je suis une shopping addict.

Ou plutôt une "Fashion Addict Anonymous", terme créé par Cloziz, un site communautaire dédié à la mode.





Gentille auto-moquerie certes. Pourtant 4% de la population française souffrirait de dépenses compulsives chroniques (dont 90% de femmes, comme c'est bizarre). Et ma mère (et mon banquier et mes copines (les raisonnables) et toute la bande de (gentils mais bon...) casse-bonbons partageant ma vie) ne cesse de me répéter que j'en fais partie, moi, pauvre shoppeuse invétérée.

Alors oui, j'ai une très légère obsession de l'achat, je dépense (très souvent) au dessus de mes moyens (en même temps ce n'est pas bien difficile quand même un pauvre tee-shirt H&M représente 1/8ème de votre salaire), pour des objets (très souvent) inutiles (voir futiles). Et j'ai également tendance à idôlatrer ces nouveaux entrants de mon placard, à les accrocher sur le plus beau cintre de la maison, bien en évidence, dans mon champ visuel from the canap', parfait pour les admirer (durant une période limitée, le CDI n'est pas admis au pays de mes habits).

Mais je ne cherche aucune consolation dans l'achat, je shoppe d'humeur joyeuse comme d'humeur de chien. Le résultat n'est pas le même (petit haut à sequins Z&V for partying vs jogging polaire Abercrombie for loosing) mais aucune vertus incroyables ou symboliques ne sont associées aux produits (ce petit haut ne donnera pas l'effet d'un 95D sur moi et ce jogging ne me permettra pas de m'endormir plus facilement, je le sais). Je ne rentre donc pas dans la case "véritable pathologie", je la frôle, je la toise mais nan nan nan je n'intègre pas cette variable maniaco-dépressive de l'achat.

Parce que selon une certaine psychologue russe (source de 1er choix), 40% des américaines confessent avoir envie d'acheter tout le temps et 52% des anglaises affirment même que faire du shooping est une activité beaucoup plus excitante et agréable que le sexe (qui revient moins cher quand même).
Une révélation qui me rappelle la 4ème de couv' de mon dernier bouquin chick litt "Shoes Addict": "Du sexe en boîte, voilà ce que c'était. Du sexe en boîte, troublant, excitant et décadent".

Alors sexe vs shopping ? J'ai envie de dire les deux. SVP.

F.B

mardi 11 novembre 2008

Pink Poker

"C'est formidable le poker. Ce qui compte, ce n'est pas de disposer de bonnes ou de mauvaises cartes mais de savoir jouer avec les mauvaises".
Bernard Werber

Ras le bol des soirées poker réservées aux hommes, il était grand temps que les filles fassent elles-aussi chauffer le tapis et les jetons (et grand temps également que je vous parle de mon jeu de bluff fétiche).

Exit la bière virile, les grosses montres (ou petites mais très chères) aux poignets velus et les effluves de cigares ! Le poker a trop souffert de son image trop virile, de sous-macho éructant un barreau de chaise dans une main, un scotch "on the rocks" dans l'autre. Aujourd'hui, on 
s'amuse et on renverse les codes masculins/féminins, on copie Bree, Susan, Lynette et Gabrielle et leur hobby favori à l'heure du thé, on sort les lunettes noires et
chapeaux de cowboy à la "Texas Hold'em" et on se met au "sport le plus violent qui se pratique assis".

Une soirée Pink Poker se pratique (vous l'avez compris mais j'aime bien insister) exclusivement entre filles (et j'ai bien dit ex-clu-si-ve-ment, donc pas de petit ami sympa-discret-mais rigolo-et qui saura s'adapter, pas de meilleur ami gay non plus, l'ambiance "beauty queen" au poker, très peu pour moi). 
L'idéal est de se retrouver entre cinq et huit pink ladies (plus, çà tourne au pugilat, girly soit, mais tout de même) en évitant les âmes (trop) sensibles qui ne sauront tenir plus d'une demi-heure entre le "cette fois, c'est moi qui vous plume" de votre copine hargneuse (et plutôt mal baisée) Véro, les glousseries et autres chroniques blondes de Sophie et les "check" intempestifs/maladifs de sa voisine de droite. 

Détail (mais majeur pour un détail) important (j'insiste encore et encore), le cadre doit lui aussi s'inscrire dans le registre girly. 

Out les chemises ouvertes-chaîne en or-qui brillent, ici, on glamourise ! A dose de maki california/paire de sushi saumon, cocktails (cosmo forever) ou vin blanc, petites morceaux de pain poilâne toastés au kiri et tapenade maison, et pour les inconditionnelles de la pizza, bah de la pizza mais coupée en fines tranchettes avec des pics colorés Alessi pour se servir (c'est quand même plus pratique).

Si vous avez besoin d'une petite piqûre de rappel côté règles du jeu, il existe même un guide so girly and so pink: "Poker Nana" de F.Montmirel et A.Carmody.

Moi, j'y vais, j'ai une pauvre paire de deux dans mon jeu mais je sens que le flop me réserve de bonnes surprises.

F.B