vendredi 9 juillet 2010

Ballerina

"Couper le téléphone chez soi, de temps en temps, est une jouissance comparable à celle de la ballerine qui enlève ses chaussons et son tutu".
José Artur

Hier j'ai voulu me la jouer ballerine, première danseuse ou (vieux) petit rat, en enfilant une paire de chaussons étoilés ayant ramassé la poussière depuis novembre dernier (oui, le genre de pièce achetée mais jamais portée, pour finalement, un jour, se réveler...).


Ballerines Maje

Est-ce la réception de ce nouveau pull rose "justaucorps Repetto" en maille légère comme un saut de chat, boutonné dans le dos et loose à souhait, qui m'a titillé de la pointe ?

Pull maille American Vintage

Ou l'absence de vraies Repetto dans mon shoesing devenant oppressante ?

Ou l'envie irrépressible de sortir ce modèle bling bling peut-être finalement "in" (notamment après la vision du modèle MiuMiu) ?

Modèle MiuMiu, Photo Sushi&Pedro

Quoiqu'il en soit, plutôt fière de mon déguisement du jour au départ, le (vieux) petit rat a fini les pattes ensanglantées (j'en rajoute à peine) comme après une répétition classique (le faux sourire pour les photos en bonus).


2 paquets de Compeed plus tard, je ne sais quand j'oserais ressortir mes tutus de pieds.

F.B

jeudi 8 juillet 2010

Anti-marinière

"Chaque langue dit le monde à sa façon. Chacune édifie des mondes et anti-mondes à sa manière. Le polyglotte est un homme plus libre".
Rudolf Steiner

Anti-jeunes, anti-tiers-mondistes, anti-conformistes, anti-aphrodisiaques, anti-cons, anti-Nutella... Anti-anti, des univers qui se multiplient, des causes universelle aux délires plus ou moins stupides des moins rebelles.

Mon "anti-truc" du jour à moi, vous l'aurez compris, c'est l'anti-marinière.


On la voit partout (sur l'inconnue du métro (et l'inconnu, phénomène plus rare mais existant)comme sur "Paulina" (Lefevre, la miss météo de Canal+ pour les nulos du jours) ou Claudia (Schiffer pour les super nulos)), on en parle partout (rubrique fétiche, presque marronnier de la presse magazine féminine), on en shoot partout (les spéciaux "Croisière", "Pirates Rock" ou "Petite Marine" fleurissent de Be à Envy), on en vend partout (chez Promod ou chez Chanel (tout est une question de budget, et de goût), à l'origine du mythe de la marinière, une vague histoire datée de 1910 avec comme personnages principaux : Mademoiselle Coco et Deauville), un basique parmi tant d'autres (je pense chemise en jean, blazer, jupe crayon, petit tee-shirt blanc oversize...).

Le doublon classique et sans surprise d'un short en jean, à l'instar du duo tee-shirt/jean (long hein, vous avez saisi la comparaison ?!)...

Mais qui procure toujours le même effet instantané : "çà l'fait".

A chacune sa version, voici ma dernière en date, associée à mon tout aussi dernier it-cartable Sushi et à un ensemble American Vintage, plutôt indoor (comme on me l'a si gentimment fait remarquer (la blogueuse subit autant les railleries de fille et autres jugements chiffons)), mais que j'ai aimé porter all day, even @office (bon, sans réunion ni "rendez-vous important" (ni date en terrasse)).

Pantalon et marinière American Vintage, Cartable Sushi, "Bensimon" Chipie.

F.B

lundi 5 juillet 2010

RoseBuzz : Objet Papier Non Identifié

"Si l'enfer existe, c'est une salle d'attente avec des magazines de l'année passée".
Jean Dion

Bimensuel destiné aux 50.000 meilleures clientes du site Vente Privée (comprenez celles dont le panier moyen dépasse plus de 300€/mois (et on ne montre pas du doigt, c'est vilain et hypocrite) ou les lèves-tôt en général), édité depuis fin 2007 et disponible en ligne depuis 2009, RoseBuzz (RBZ pour les intimes, paraît-il), s'apparente encore aujourd'hui à un ovni du monde des "consumer magazines" (comprenez magazines de marque gratuit, les non pubards du jour).

Habituée à un contenu pauvre, une ligne éditoriale qui n'en est pas et des visuels qui "ne le font pas", je zappe généralement ce type de lecture (exception faites chez H&M, comme le souligne si bien ma chère Nardjisse du blog "Mots de Mode"), déjà bien trop accaparée par ma pile de féminins (les vrais) et mes 3 romans en suspens.


Sauf que là... J'ai bien été obligée de revoir mon blondesque jugement et cesser cet embargo anti-papiers à 0€ (je recommencerais presque à lire 20Minutes... Ah non, en fait, toujours pas) (faut pas pousser la blogueuse dans les orties et le papier pas quali) pour récompenser :

- Des séances photos dignes du Vogue US (ou presque) (faut pas pousser la blogueuse dans les orties et le papier pas quali bis),

- Des contributeurs/dessinateurs de talents, à l'instar d'André Sanchez, photographe et illustrateur de talent, à l'origine du dossier Shopping "Carnets de Bord" (j'adore),

Série André Sanchez pour RoseBuzz, juin-juillet 2010

- Une multitude de marques over-méga sympas mises en avant (Uslu Airlines, Persol, Bronzette, Virginie Castaway, Atelier Mercadal (dans le dernier numéro on se régale)), et pas seulement par "business spirit" (nombreuses sont celles qui n'ont jamais été (et ne seront pas) en vente sur le site VP), des rubriques stylées et soignées (Figure de style, Décryptage, What's Up Mode, Sagas...),


- Une mise en page chiadée à souhait, tant pour la version papier, que pour le site dédié entièrement en flash,


- Et une Rédactrice en Chef qui nous ressemble, le taf de nos rêves (et un sac MiuMiu dinguissime) en bonus track. Vous pouvez trouver son interview juste ici.

Virginie Fauconnier, Responsable Mode chez RoseBuzz.
Photos : GlamShot

En apportant du contenu positionnant et pointu, appliqué à l'univers de la mode, des tendances et du luxe, Vente Privée se la joue très "Best Friend CSP+". Un bon outil pour fixer les codes de la marque et faire preuve d'innovation au quotidien, une bien jolie manière de dépenser son argent aussi, et sans virer objet purement commercial sans âme.

Well done RoseBuzz.

F.B

samedi 3 juillet 2010

New shoes cure the blues


"Notre égoïsme va si loin que nous croyons, en temps d'orage, qu'il ne tonne que pour nous".
Jules Renard


Une semaine à 34°C.

Un vendredi soir au pique-nique tardif prometteur (mais déjà un peu farceur).

Un samedi matin "ô rage ô désespoir"/"c'est quoi cette tempête?"/"f***ing météo.

Mon degré de délire atteint des sommets, surtout quand je relie instantanément cet état de fait et une e-commande datée de mardi dernier.

Explication en 3 temps (et plein de points de suspension) :

1. 29/06/10, veille d'ouverture officielle des soldes parisiennes, je profite d'une pause entre deux powerpoint et une paire de brochettes boeuf/fromage de mon jap' de bureau (après 2 ans de fréquentation assidue, officiel lui-aussi) pour partir m'évader virtuellement du côté de chez ELLE Passions.

... ELLE Passions, c'est un peu l'ancêtre du e-shopping branché, le seul catalogue trendy, coincé entre LaRedoute et les 3Suisses sur la table basse du salon de ma mère, redoutable alternative à l'époque, aux uniques Promod et NafNaf de mon centre commerciale provincial.

... Vieux dinosaure fashion de mon dressing, sonnant pourtant toujours aussi "in" aujourd'hui (= valeur sûre et marque distributeur transgénérationnelle pour produits dans l'air du temps).

... Déclinée sur la Toile, cette sélection opérée par le magazine ELLE, regorge de bons plans parmi des produits coups de coeur (je pense Gat Rimon, Minnetonka, Sessun, Iro... Mais aussi Bodum ou ScrapCooking car on trouve aussi des rubriques e-shop cuisine et déco)... Surtout en période de "pré-soldes".

... "Pré-soldes", doux euphémisme pour "tuerie de fashionistas fauchées et ultra-pressées" et "situation bancaire désespérante avant même le
1er du mois".

2. Repérage rapide (moins de 2min30 de surf) d'une petite paire de bottines de pluie Melissa/Vivienne Westwood, pré-repérée en février mais laissée de côté (faute de blé)...



... Disponible dans ma pointure et à - 30%.
... Panier validé et agrémenté du code promo récupéré chez la géniale MarieLuvPink.
... Un total à -45% finalement, rien de bien méchant (nan ?!).

3. 48h plus tard, murée dans le désespoir d'avoir commandé une pièce digne d'une rentrée de classes de septembre (et donc inutilisable avant 2 longs mois trop chaleur do Brazil) je reçois les "tites" bottes, bien décidée à les ranger soigneusement en les matant dangereusement...



... C'était sans compter l'orage tombé à point nommé.
... Associées du petit slim parfait today, mais tentant avec un mini-short en jean sous pluie d'été.

... Conclusion (et titre oui) (aucune logique) en 3 mots (ou presque) :

New shoes cure the blues...

F.B

vendredi 2 juillet 2010

Ado

"Je me fais peur donc je suis". Xavier Pommereau
Extrait de "Ado à fleur de peau"

Pour beaucoup, le retour de la mode vintage, des friperies et autres désuétudes, est un trait caractéristique de notre charnière entre deux millénaires. Les gens ont tendance à regarder en arrière à chaque transition entre deux siècles, à chaque période de changement technologique majeur ou à chaque tournant démographique puissant. Pour notre génération, cette déferlante de personnages et symboles rassurants de notre enfance représenterait un retour à une époque plus innocente où le monde était moins rapide, plus simple, plus beau, moins stressant et où la télé et ses dessins animés était le loisir de masse dominant.

La maladie moderne n'est pas l'ESB ou l'OGM. C'est la régression.

Que celui qui n'a jamais eu envie de rentrer à nouveau dans le ventre maternel en cas de souci jette la première pierre au jeune créateur de start-up parisien de 35 ans, déjà lifté, qui glisse vers son full-time job en trottinette chromée, sac à dos Pikachu et portable dans sa housse "doudou" !

Naturellement, l'industrie, relayée par des stratégies marketing aiguisées, cultive ce retour au berceau pour le transformer avec habileté en or.

Le marketing kidult peut être utilisé dans tout secteur dès qu'il s'agit de développer un attachement collectif à un produit à forte valeur nostalgique. La mode et les vêtements sont des domaines privilégiés pour cette cible qui aime les marques et qui veut se distinguer. Les adulescents aiment les styles (manga, kitsch, flower power, baba cool, old school, punk, graffiti et j'en passe) et les marques hier démodées comme Petit Bateau, Kickers, Clark ou Upla.

L'utilisation de notre mémoire d'enfant devient donc un argument tonitruant chez nos enseignes mode préférées: TopShop développe des "tees" vintage à l'effigie de Bisounours, Urban Outfitters propose égalements des tee-shirts ACDC, Radiohead et autres groupes de notre "jeuness", et Wildfox conditionne son positionnement de marque sur des pièces vintage déjà usées, prêtes à l'emploi (à retrouver sur le fabuleux site LaNouvelleVague).

Extrait de la collection Wildfox

Ils apprécient aussi les pièces dites de luxe "créatives et régressives" comme JC de Castelbajac qui a lancé des parfums aux odeurs d'antan: "Colle blanche" (souvenirs, souvenirs...), "Quatre heures" et "Grenier", et continue de nous enchanter avec ses tenues enfantines et extravagantes, ou encore Isabel Marant, pour laquelle mon coeur d'enfant a fait "boom boom bomm" entre deux essayages/grimaçages de soldes.

Tee-shirt Isabel Marant Etoile

Un tee-shirt en coton bio, au message "green" et à la mascotte craquante, un vrai petit doudou pour grand(e) dadais.

Nous pouvons tous avoir l'impression d'être des kidults, typologie fourre-tout car regroupant trop de secteurs pour être seulement rattachée à celui de la mode, faiblement opératoire au sens Kotlerien, mais si trendy et attirante... Comme une devanture de boulangerie-pâtisserie, un golden ticket Willy Wonka ou une traditionnelle sucette au chocolat.

F.B